Panne moteur en mer : que faire ? Les 6 réflexes (2026)
Moteur en panne au large ? Les 6 réflexes dans l'ordre : gilets, mouillage, canal 16, PAN PAN, remorquage. Qui paie quoi, et quoi retenir pour l'examen.

Sécurité en mer 2026
Moteur en panne : les 6 réflexes, dans le bon ordre
L'avarie de propulsion est le premier motif d'intervention des secours en plaisance. Voici la marche à suivre, le message radio prêt à lire, et qui paie quoi.
Plaisance à moteur
2 819
opérations de secours, été 2025
Pour alerter
Canal 16
le 196 en cas de problème de VHF
Sauvetage des personnes
Gratuit
le remorquage, lui, est payant
Le moteur tousse, cale, et ne repart pas. Vous êtes à deux milles du port, avec vos proches à bord : que faites-vous, et dans quel ordre ?
C'est normal d'hésiter : on apprend à piloter un bateau qui marche, rarement à gérer un bateau qui s'arrête. C'est pourtant le premier motif d'appel aux secours en plaisance.
Bonne nouvelle : une panne moteur se gère bien quand on sait quoi faire. Ce qui la rend dangereuse, c'est la dérive et l'improvisation. Ce guide vous donne les 6 réflexes dans l'ordre, un message radio prêt à lire, et les règles sur les secours en mer à connaître pour l'examen.
Sommaire rapide
- Pourquoi la panne est le scénario n° 1
- Les 6 réflexes, dans l'ordre
- PAN PAN ou MAYDAY ? Le message prêt à lire
- Remorquage : qui paie quoi ?
- Après l'incident : le rapport de mer
- Prévenir : 5 vérifications avant de partir
- Ce qu'il faut retenir pour l'examen
- FAQ finale
Pourquoi la panne est le scénario n° 1
Les chiffres viennent du SNOSAN, le Système national d'observation de la sécurité des activités nautiques. Son bilan de la saison estivale 2025 couvre la période du 1er mai au 30 septembre :
- 6 680 opérations assurées par les CROSS, en hausse de plus de 10 % sur un an.
- 2 819 opérations pour la seule plaisance à moteur (+ 17,2 %).
- Les avaries de propulsion restent le premier facteur déclenchant. Avec les ruptures de mouillage, elles représentent 43,23 % des opérations en plaisance.
- Pour la plaisance à moteur, par rapport à l'été 2024 : 130 avaries de propulsion de plus, 38 avaries électriques de plus, 27 pannes de carburant de plus.
L'été 2026 ne dément pas la tendance : le bilan de saison des Sauveteurs en mer (SNSM), relayé fin septembre par la presse nautique, cite encore les pannes moteur ou électriques parmi les premières causes d'intervention.
Retenez la règle simple :
Ce n'est pas la panne qui vous met en danger, mais la dérive.
Les 6 réflexes, dans l'ordre
| Réflexe | Le bon geste | L'erreur classique |
|---|---|---|
| 1. Équiper | Gilets pour tout le monde, correctement attachés. | Attendre « de voir si ça s'aggrave ». |
| 2. Stopper la dérive | Mouiller dès que le fond le permet. | Dériver vers la côte en s'acharnant sur le démarreur. |
| 3. Faire le point | Position, heure, sens de la dérive, dangers sous le vent. | Chercher sa position une fois le micro en main. |
| 4. Chercher la panne simple | Coupe-circuit, carburant, hélice, batterie : cinq minutes. | Vider la batterie au démarreur. |
| 5. Alerter | Le CROSS, sur le canal 16, avec un message PAN PAN. | Prévenir un ami à terre plutôt que le CROSS. |
| 6. Préparer la suite | Remorque prête, veille radio, CROSS informé de toute évolution. | Éteindre la radio et attendre. |
Cet ordre est un fil conducteur pratique, pas une procédure officielle. Une seule priorité absolue : si vous dérivez vers un danger, si l'ancre ne tient pas ou si quelqu'un est blessé, alertez tout de suite — les vérifications attendront.
1. Les gilets d'abord
C'est le premier conseil de la fiche officielle « Sauvetage, remorquage et assistance en mer » : toutes les personnes à bord portent leur gilet, correctement attaché.
Sans moteur, le bateau ne tient plus son cap face aux vagues : il bouge davantage.
2. Mouillez pour arrêter la dérive
La même fiche cite ce geste en toutes lettres : avoir mouillé pour limiter la dérive en cas d'avarie moteur.
Une ancre qui tient transforme une urgence en simple attente. La ligne de mouillage fait d'ailleurs partie du matériel obligatoire dès la zone basique (bateaux d'une masse lège d'au moins 250 kg).
Trop de fond pour que l'ancre accroche ? Alertez sans attendre, signalez-le au CROSS, et gardez le mouillage paré.
La manœuvre est détaillée dans notre méthode simple pour ancrer.
3. Faites le point
La position est la première information à donner aux secours : coordonnées GPS, ou situation par rapport à des amers et des points remarquables.
Notez l'heure, et observez où le vent et le courant vous emmènent : le large, des rochers, un chenal ?
4. Cherchez la panne simple (cinq minutes, pas plus)
- Coupe-circuit : le clip est-il bien en place ?
- Carburant : niveau, robinet ouvert, mise à l'air du réservoir ouverte, poire d'amorçage ferme.
- Hélice : un bout ou un filet pris dedans ? Moteur coupé et coupe-circuit retiré avant d'y mettre les mains.
- Batterie : coupe-batterie enclenché, cosses serrées.
Ça ne repart pas ? N'insistez pas : la batterie doit rester disponible pour la radio.
5. Alertez le CROSS : canal 16 d'abord
Quelle que soit la nature de votre difficulté, le CROSS (centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage maritimes) est votre seul interlocuteur. Deux moyens de le joindre :
- le canal 16 de la VHF, depuis la mer ;
- le 196 par téléphone : chaque appel est transmis au CROSS le plus proche.
La consigne officielle est nette : préférez toujours la VHF, et n'appelez le 196 qu'en cas de problème avec la radio. Dans les faits, près de 38 % des alertes arrivent par téléphone mobile via le 196, relève le SNOSAN.
Pas de VHF à bord ? Elle n'est obligatoire qu'au-delà de 6 milles d'un abri. Appelez le 196, économisez la batterie du téléphone, et gardez à portée les 3 feux rouges à main, obligatoires dès la zone côtière.
Appelez tôt. Si le moteur repart, prévenez le CROSS : la fiche officielle demande de signaler toute amélioration, pour ne pas mobiliser inutilement les moyens d'intervention.
Tout sur la radio de bord : VHF et permis côtier.
6. Préparez le remorquage et restez à l'écoute
Sortez votre dispositif de remorquage — il fait partie du matériel obligatoire dès la zone basique — et préparez-le à l'avant.
Gardez la veille sur la VHF, et informez le CROSS de toute aggravation.
PAN PAN ou MAYDAY ? Le message prêt à lire
Le manuel de préparation au CRR de l'ANFR distingue clairement les deux appels :
- MAYDAY (détresse) : un navire ou une personne est sous la menace d'un danger grave et imminent et a besoin d'une aide immédiate. Exemples cités : voie d'eau importante, incendie, échouement, homme à la mer.
- PAN PAN (urgence) : une urgence concernant la sécurité du navire ou d'une personne. L'exemple donné par le manuel est justement la demande de remorquage à la suite d'une avarie.
Autrement dit : ce n'est pas la panne qui choisit le mot, mais le danger.
Beau temps, ancre qui tient : PAN PAN. Dérive vers des rochers, sans mouillage possible : si vous jugez le danger grave et imminent, c'est un MAYDAY. Cette appréciation revient au chef de bord.
Voici un canevas simplifié du message d'urgence sur le canal 16, bâti d'après le manuel de l'ANFR et la fiche officielle :
- « PAN PAN, PAN PAN, PAN PAN »
- « À tous, à tous, à tous »
- « Ici [nom du bateau] », répété trois fois, puis votre indicatif si vous en avez un
- Votre position
- La nature de l'urgence : « panne moteur, bateau au mouillage » ou « à la dérive »
- Les secours demandés : « demandons remorquage »
- Vos intentions, le nombre de personnes à bord et leur état, la description du bateau (couleur, type, longueur), les mesures déjà prises
- « À vous »
Remorquage : qui paie quoi ?
C'est la question que personne n'ose poser à la radio. La réponse officielle tient en trois lignes.
| Opération | La règle | En pratique |
|---|---|---|
| Sauvetage des personnes | Obligatoire et gratuit. Aucune rémunération ne peut être demandée. | On ne retarde jamais un appel par peur de la facture. |
| Remorquage du bateau | Payant : contrat de louage de services, rémunération forfaitaire négociée. | Mettez-vous d'accord avant de passer la remorque. |
| Assistance à un navire en danger de se perdre | Facultative. Rémunération fixée selon les circonstances, les efforts et moyens engagés, la valeur des biens et le résultat. | Son montant peut dépasser celui d'un simple remorquage. |
Concrètement, quand vous demandez un remorquage :
- Le CROSS diffuse un message radio qui relaie votre demande aux navigateurs présents sur zone.
- Le choix du remorqueur n'appartient qu'à vous. Entreprise de remorquage, particulier, moyen de l'État, SNSM : tout navire peut proposer ses services, et vous restez seul décideur.
- Vous réglez vous-même les modalités avec l'intervenant. Le CROSS n'intervient pas dans les rapports de droit entre vous et lui.
- Vous pouvez refuser une offre d'assistance, à condition que ce refus soit exprès et raisonnable.
Après l'incident : le rapport de mer
Une formalité à connaître.
Après un événement de mer, il appartient à tout navigateur de rédiger un rapport de mer et de le faire viser par le service des affaires maritimes (DDTM, délégation à la mer et au littoral). Il est indispensable pour la suite : assurance, expertise, contentieux.
Notez donc à chaud les heures, les positions, la météo et vos échanges avec le CROSS et le remorqueur.
Prévenir : 5 vérifications avant de partir
Le SNOSAN le résume ainsi : l'entretien des embarcations est un gage de sécurité et soulage les acteurs du secours en mer. Avant chaque sortie :
- Carburant : appliquez la règle des tiers — un tiers pour l'aller, un tiers pour le retour, un tiers de réserve. C'est un repère de marin, pas une règle officielle.
- Moteur : démarrez-le à quai. Un moteur difficile à démarrer, qui a des ratés ou des chutes de régime, doit vous alerter.
- Électricité : batterie chargée, coupe-circuit en état.
- Mouillage et remorque : ligne claire, prête à filer ; dispositif de remorquage à bord.
- Moyens d'alerte : VHF testée, téléphone chargé, un proche informé de votre programme.
À compléter avec notre check-list de première sortie et la méthode go/no-go météo.
Ce qu'il faut retenir pour l'examen
Le QCM ne vous demandera pas de réparer un moteur. Mais la panne mobilise des notions de sécurité qu'un candidat au permis côtier doit maîtriser :
- Le CROSS coordonne les secours ; on le joint par le canal 16 ou le 196.
- PAN PAN = urgence ; MAYDAY = détresse, danger grave et imminent.
- Le sauvetage des personnes est obligatoire et gratuit ; le remorquage et l'assistance au navire sont payants.
- Porter secours est une obligation pour tout capitaine, autant qu'il peut le faire sans danger sérieux pour son navire, son équipage et ses passagers.
- Le matériel : dispositif de remorquage et ligne de mouillage dès la zone basique, 3 feux rouges à main dès la zone côtière. Le détail est dans notre check-list Division 240.
L'idée reçue à corriger : croire que le remorquage est gratuit parce que le sauvetage l'est.
Testez-vous sur une série de QCM du permis côtier, puis avec un examen blanc.
Sources officielles
- Fiche « Sauvetage, remorquage et assistance en mer », mars 2024 (mer.gouv.fr)
- SNOSAN — bilan de la saison estivale 2025 (mer.gouv.fr)
- Manuel de préparation du CRR maritime, édition de juin 2025 — appels de détresse et d'urgence (ANFR)
- Fiche ministérielle « L'équipement de sécurité des navires de plaisance » — matériel obligatoire par zone (copie hébergée par l'ANFR)
Informations à jour au 10 octobre 2026, données à titre indicatif : les conditions exactes figurent dans les textes officiels. Les vérifications mécaniques et la règle des tiers sont des conseils pratiques, pas des obligations réglementaires.
Pour aller plus loin :