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Marées : lire l'annuaire avant de sortir en bateau (2026)

Publié le 27 octobre 2026Mise à jour le 27 octobre 2026Équipe PassMy Côtier

Heures, hauteurs, coefficient, marnage, météo : les 5 lignes de l'annuaire des marées à lire avant de sortir en bateau, et les 3 décisions à en tirer.

Marées : lire l'annuaire avant de sortir en bateau (2026)

Pratique en mer 2026

L'annuaire des marées : 5 lignes à lire, 3 décisions à prendre

Aucun calcul de marée n'est exigé au permis côtier. Pourtant, c'est la marée qui décide si votre cale est praticable, si votre mouillage sera à sec et à quelle heure vous devez rentrer. Voici comment lire l'annuaire en deux minutes, avec les définitions officielles du SHOM.

Coefficient

20 à 120

au-dessus de 70, c'est une vive-eau

Cycle complet

12 h 25

d'une pleine mer à la suivante, en moyenne

Marnage

> 12 m

en vive-eau moyenne, baie du Mont-Saint-Michel

Vous avez votre permis, le bateau est prêt, la météo est bonne. Mais avez-vous regardé la marée ?
C'est normal d'hésiter : le permis côtier vous a appris le balisage, les feux et les règles de barre, pas à lire un annuaire des marées. Le calcul de marée est réservé à l'extension hauturière. Résultat : beaucoup de nouveaux plaisanciers découvrent la marée le jour où la cale est à sec, où le bateau touche au mouillage ou où le courant les empêche de rentrer.

Les chiffres de l'été le rappellent. Dans le bilan officiel du SNOSAN pour la saison 2025, les opérations pour isolement par la marée sont passées de 139 à 166, avec 580 personnes impliquées ; le pic, 18 opérations entre le 6 et le 10 août, est tombé au début d'une vive-eau. Sur la façade Manche–mer du Nord, la préfecture maritime annonçait mi-octobre 130 interventions de ce type pour l'été 2026, contre 80 en 2025.

Bonne nouvelle : pas besoin de la règle des douzièmes pour naviguer en sécurité en côtier. Il suffit de savoir lire 5 lignes de l'annuaire et d'en tirer 3 décisions.

Sommaire rapide

  1. Pourquoi la marée vous concerne dès la première sortie
  2. Les 5 lignes de l'annuaire, expliquées
  3. Les 3 décisions à prendre avant de larguer
  4. Le piège n° 1 : la marée descendante
  5. Et à l'examen ?
  6. FAQ finale

Pourquoi la marée vous concerne dès la première sortie

Le marnage, c'est la différence de hauteur entre une pleine mer et la basse mer qui suit. Sur les côtes françaises, il varie énormément. D'après le cours de marée du SHOM, le marnage en vive-eau moyenne passe d'environ 4 m au fond du golfe de Gascogne à 6 m à Brest et à plus de 12 m dans la baie du Mont-Saint-Michel. En Méditerranée, sur la côte sud de la France, il n'est que de 10 à 20 cm environ.

Concrètement : un plaisancier méditerranéen peut presque ignorer la marée. Un plaisancier de Manche ou d'Atlantique voit son port, sa cale et ses mouillages changer de visage toutes les six heures.

Retenez la règle simple :

Ce n'est pas la hauteur de la mer qui compte, mais la hauteur de la mer à l'heure où vous en avez besoin.

Les 5 lignes de l'annuaire, expliquées

Que vous utilisiez l'annuaire papier de la capitainerie, le site du SHOM ou une application, vous retrouverez toujours les mêmes informations. Voici celles qui comptent.

Les 5 lignes à lire sur un annuaire des marées

LigneCe que c'estCe que vous en faites
1. Heures de PM et BMMoment de la pleine mer (sommet) et de la basse mer (creux).Caler la mise à l'eau, le mouillage et l'heure de retour.
2. Hauteurs de PM et BMHauteur d'eau au-dessus du zéro hydrographique, en mètres.Savoir s'il restera de l'eau sous la quille à basse mer.
3. CoefficientIndice de 20 à 120 qui mesure l'ampleur de la marée.Anticiper des courants forts et des bancs qui découvrent.
4. MarnageHauteur de PM moins hauteur de BM.Mesurer de combien le plan d'eau va bouger pendant votre sortie.
5. Fuseau horaireUTC ou heure légale, indiqué en tête de l'annuaire.Ne pas se tromper d'une ou deux heures.

1. Les heures : un cycle de 12 h 25

Le SHOM l'explique ainsi : chaque maximum de la courbe de marée s'appelle pleine mer (PM), chaque minimum basse mer (BM). Entre les deux, la mer monte (le flux, ou montant) puis descend (le reflux, ou perdant).

Le cycle complet entre deux pleines mers dure en moyenne 12 h 25. Chaque jour, les horaires se décalent donc d'une cinquantaine de minutes. Comptez environ 6 heures entre une pleine mer et la basse mer suivante.

Première vérification : le fuseau horaire. Les prédictions du SHOM existent en UTC et en heure légale. Si votre annuaire est en UTC, ajoutez 1 h en hiver et 2 h en été. Un plaisancier qui oublie cette ligne rentre deux heures trop tard.

2. Les hauteurs : tout part du zéro hydrographique

Les hauteurs de l'annuaire sont comptées positivement au-dessus du zéro hydrographique (ZH), aussi appelé zéro des cartes. Le SHOM le place au voisinage des plus basses mers astronomiques : en pratique, la mer descend très rarement en dessous.

Ce même zéro sert de référence aux sondes de la carte marine. D'où une addition que tout plaisancier doit connaître :

Hauteur d'eau réelle = sonde de la carte + hauteur de marée du moment.

Exemple : une sonde de 1,5 m sur la carte et une basse mer annoncée à 0,8 m donnent 2,3 m d'eau à basse mer. Si votre bateau cale 0,9 m, vous flottez. Si la basse mer est à 0,2 m sur une sonde de 0,5 m, vous touchez.

3. Le coefficient : l'échelle de 20 à 120

Le coefficient de marée résume l'ampleur de la marée. D'après la fiche de prédiction du SHOM, les valeurs admises vont de 20 (morte-eau extrême) à 120 (vive-eau extrême), avec deux repères : 45 pour une morte-eau moyenne et 95 pour une vive-eau moyenne. En dessous de 70, on parle de morte-eau ; au-dessus, de vive-eau.

Trois choses à savoir :

  • Le SHOM ne calcule le coefficient qu'à Brest : c'est ce même chiffre que vous lisez dans tous les annuaires de la côte française.
  • Il n'est donné que pour les pleines mers.
  • Les plus grandes marées surviennent un à deux jours après la pleine lune ou la nouvelle lune.

Plus le coefficient est élevé, plus le marnage est grand, plus les courants sont forts et plus les bancs découvrent à basse mer. Un coefficient de 100 n'a rien d'exceptionnel au printemps et à l'automne : il doit simplement vous rendre plus prudent sur les heures.

4. Le marnage : de combien le plan d'eau va bouger

Le marnage, c'est la hauteur de PM moins la hauteur de BM. Avec une PM à 7,2 m et une BM à 1,1 m, la mer va bouger de 6,1 m en six heures : un ponton flottant monte d'un étage, une plage de mouillage s'assèche sur des centaines de mètres.

Le marnage vous donne aussi une idée du courant : plus il y a d'eau à déplacer en six heures, plus le courant est rapide. La règle des douzièmes, au programme de l'extension hauturière, dit que la mer bouge le plus vite à mi-marée, vers la 3e et la 4e heure. C'est à ce moment-là que les courants sont les plus forts, et au voisinage de la pleine et de la basse mer qu'ils faiblissent.

5. La météo corrige l'annuaire

L'annuaire est une prédiction astronomique. Le SHOM prévient que les hauteurs observées peuvent s'en écarter : elles sont plus élevées que prévu par pression basse ou par vent du large, et plus basses par pression élevée ou vent de terre. Ces écarts, de l'ordre de quelques dizaines de centimètres, ne sont pas prévisibles longtemps à l'avance.

Correctif : c'est pour cela qu'on prend un pied de pilote, une marge de sécurité ajoutée à la hauteur d'eau calculée. Elle n'est pas réglementaire : fixez-la vous-même. Pour une première saison, un mètre sous la quille à basse mer est une marge confortable.

Vous combinez marée et météo ? Notre méthode go/no-go pour la première saison vous donne les 4 feux verts avant de sortir.

Les 3 décisions à prendre avant de larguer

Lire l'annuaire ne sert à rien si vous n'en tirez pas des décisions. Voici les trois qui comptent pour une sortie à la journée.

Marée : les 3 décisions d'une sortie à la journée

DécisionLa ligne de l'annuaire à regarderL'erreur classique
1. Quand mettre à l'eauHeure et hauteur de BM : beaucoup de cales et de ports à seuil ne sont praticables qu'autour de la pleine mer.Arriver à la cale avec la remorque… devant 200 m de vase.
2. Où et comment mouillerHauteur de BM + sonde + pied de pilote pour la quille ; hauteur de PM pour la longueur de ligne.Mouiller à pleine mer dans 3 m d'eau avec un marnage de 5 m.
3. À quelle heure rentrerHeure de BM et coefficient : eau suffisante au port, courant pas contraire à mi-marée.Repartir à mi-marée descendante, contre le courant, avec un réservoir au quart.

Décision 1 : la mise à l'eau

Avant de prendre la route, appelez la capitainerie ou lisez le panneau de la cale : beaucoup indiquent les hauteurs ou les heures de praticabilité. Un port à seuil ou un bassin à flot n'ouvre qu'autour de la pleine mer. Prévoyez la mise à l'eau et la remontée sur remorque : si vous partez à pleine mer, vous rentrerez vers la basse mer suivante, au pire moment.

Décision 2 : le mouillage

Au mouillage, vous jouez sur les deux hauteurs. Celle de basse mer, pour savoir s'il vous restera de l'eau sous la quille (sonde + hauteur de BM, moins votre pied de pilote). Celle de pleine mer, pour calculer la longueur de ligne à filer, car votre chaîne doit tenir au moment où l'eau est la plus haute. La méthode complète est dans notre article mouillage : la méthode simple.

Décision 3 : l'heure de retour

Fixez-la avant de partir, et écrivez-la. Deux questions : y aura-t-il assez d'eau au port à cette heure-là, et le courant sera-t-il avec vous ? Par fort coefficient, un retour à mi-marée contre le courant allonge le trajet et augmente la consommation. C'est le moment de relire notre check-list de première sortie, carburant compris.

Le piège n° 1 : la marée descendante

Tout ce qui se passe de grave avec la marée arrive en descendant. Un bateau qui touche à marée montante est renfloué dans l'heure ; un bateau qui touche au jusant reste posé jusqu'à la marée suivante, et peut se coucher. Une plage ou un banc qui découvre isole d'abord les promeneurs, mais aussi l'annexe laissée au sec et l'équipage parti à pied.

Les conseils relayés après le bilan 2026 de la façade Manche–mer du Nord, où la préfecture maritime fait des risques liés à la marée un axe de sa campagne 2027, tiennent en quatre gestes : consulter les horaires de marée, vérifier la météo, contrôler le matériel et prévenir un proche de votre programme. Elles valent pour une sortie en bateau comme pour une balade sur l'estran.

Astuce : notez sur un bout de ruban adhésif, à côté de la barre, l'heure de BM, sa hauteur et le coefficient du jour. Trois chiffres, et vous ne les oublierez pas.

Si malgré tout vous touchez et que le bateau reste posé, le réflexe est le même que pour une panne moteur : gilets, bilan de la situation, et appel au CROSS sur le canal 16 si l'équipage est en danger.

Et à l'examen ?

Soyons précis, car c'est une question fréquente. Dans l'arrêté du 28 septembre 2007 qui organise le permis plaisance, le programme de l'option côtière ne comporte aucun calcul de marée. C'est l'extension hauturière qui exige « un calcul de marée par rapport à un port principal par la règle des douzièmes » et la prise en compte de la dérive due au courant.

En revanche, le programme côtier comprend la lecture de carte marine et les limitations de navigation. Or les sondes de la carte sont rapportées au zéro hydrographique, le même que celui de l'annuaire. Comprendre PM, BM, coefficient et marnage vous aide donc à lire la carte, et surtout à naviguer en sécurité dans la zone des 6 milles que votre permis vous ouvre.

Testez-vous sur une série de QCM du permis côtier, puis en conditions réelles avec un examen blanc.

Sources officielles

Bilan 2026 de la façade Manche–mer du Nord cité d'après la presse : Sécurité en mer : près de 1 000 opérations de sauvetage en Manche et mer du Nord durant l'été 2026 (Figaro Nautisme, 16 octobre 2026).

Informations à jour au 27 octobre 2026, données à titre indicatif : les prédictions de marée officielles sont celles du SHOM, et les conditions d'accès à un port ou à une cale sont fixées localement. Le pied de pilote et les trois décisions sont des recommandations pratiques, pas des obligations réglementaires.

Pour aller plus loin :

FAQ : lire les marées avant de sortir en bateau

Faut-il savoir calculer la marée pour le permis côtier ?+

Non. Dans l'arrêté du 28 septembre 2007, le programme de l'option côtière ne comporte aucun calcul de marée : la règle des douzièmes est au programme de l'extension hauturière. En côtier, on vous demande de lire une carte marine, dont les sondes sont rapportées au même zéro hydrographique que l'annuaire des marées.

Que veut dire un coefficient de marée de 95 ?+

Le coefficient mesure l'ampleur de la marée sur une échelle de 20 à 120. D'après le SHOM, 95 correspond à une vive-eau moyenne, 45 à une morte-eau moyenne, et le seuil entre les deux est 70. À 95, attendez-vous à un grand marnage, des courants forts et des bancs qui découvrent largement à basse mer.

Comment savoir s'il y aura assez d'eau à mon mouillage ?+

Additionnez la sonde lue sur la carte marine et la hauteur de basse mer de l'annuaire : les deux sont comptées à partir du zéro hydrographique. Retirez le tirant d'eau de votre bateau et une marge de sécurité, le pied de pilote. S'il reste de l'eau, vous flottez. Pour la longueur de ligne, raisonnez au contraire sur la hauteur de pleine mer.

L'annuaire des marées est-il toujours exact ?+

C'est une prédiction astronomique. Le SHOM rappelle que la hauteur réelle peut être plus élevée que prévu par pression basse ou vent du large, et plus basse par pression élevée ou vent de terre, avec des écarts de quelques dizaines de centimètres. D'où l'intérêt du pied de pilote et d'une lecture de la météo marine avant de partir.

À quel moment le courant de marée est-il le plus fort ?+

Vers la mi-marée, autour de la 3e et de la 4e heure après la pleine ou la basse mer : c'est à ce moment que la plus grande part du marnage se déplace, comme le décrit la règle des douzièmes. Le courant faiblit au voisinage de la pleine mer et de la basse mer. Plus le coefficient est élevé, plus ce courant est rapide.

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